[Podcast] Tour du continent européen à vélo avec un chien – le témoignage d’Amandine

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Jah-li dans un paysage de Géorgie (source : Amandine)

La série de témoignages continue avec Amandine, éducatrice canine dans la vie, qui revient d’un voyage de quinze mois en Europe (étendue) avec son chien Jah-li, un labrador de 12 ans ! Elle nous partage son expérience de voyageuse et donne de précieux conseils pour ceux qui souhaitent eux-aussi voyager à vélo avec leur chien !

En cette période estivale, particulièrement marquée chaque année par l’abandon de leur chien par certains vacanciers, Amandine nous informe, proteste contre cette attitude cruelle et casse l’idée préconçue “soit je voyage, soit j’ai un chien” !

L’article et le podcast sont longs, n’hésitez pas si besoin à utiliser le sommaire ci-dessous pour aller directement à ce qui vous intéresse !

Ce dont on parle dans cet interview :

Pour retrouver les photos du voyage d’Amandine et Jah-li, allez voir son compte Facebook Ama Solo.

Présentation d’Amandine

Lucie : Bonjour et bienvenue sur En Echappée pour une nouvelle interview de cyclo-voyageur ! Aujourd’hui, je suis avec Amandine. Bonjour Amandine ! Peux-tu te présenter ?

Amandine : Salut ! Je suis là pour présenter mon expérience de voyage à vélo. On revient d’un petit voyage de quinze mois avec mon chien ! Il y en a que ça inspire et qui hésitent à voyager avec leur animal. Si moi j’ai pu le faire, alors d’autres peuvent le faire !

L : Super ! C’est la première fois que tu partais avec ton chien ? Tu t’es dit un jour « on va partir quinze mois avec le chien ! », ou tu avais un peu d’expérience ?

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Deux amis de longue date (source : Amandine)

A : Non pas du tout, on est partis une première fois en 2013 tous les deux. On se connaît depuis des années, on a douze ans de vie commune avec mon chien, donc ce n’est quand même pas notre premier voyage. Mais à vélo en l’occurrence, le premier voyage était en 2013. On est partis faire un tout petit tour de 1500 kilomètres, histoire de voir, grâce à une copine qui m’a prêté son vélo. Je n’avais aucune idée de ce que ça pouvait donner et finalement ça m’a bien plu. Donc l’année d’après on a récidivé pour un tour des pays de l’Est, un peu plus long, surtout en été, cette fois-ci avec mon propre vélo, donc j’avais investi. Ce voyage c’était un peu l’apothéose parce qu’on a mis un peu moins de deux ans à le préparer.

L : D’accord ! Du coup, tu es tombée dedans par hasard et tu es toujours partie avec ton chien, à vélo.

A : Oui, toujours partie avec mon chien, même dans la vie en général. Je travaille avec lui, je suis éducatrice canine. Ça fait partie de ma vie. Le chien, si je voyage, c’est avec lui, je ne me pose même pas la question.

Quinze mois de voyage en Europe avec un chien : itinéraire, hébergement, rencontres

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Un tour du Vieux Continent (source : San Jose)

L : Super ! Tu es partie quinze mois et tu en es revenue le mois dernier. Est-ce que tu veux bien nous raconter un peu ce voyage qui avait l’air vraiment super ?

A : Oui, on est partis sur un plan un peu établi en partant sur la Scandinavie et la Laponie. On visait – enfin on, moi surtout – on visait pas mal la Mongolie, et puis finalement le voyage s’est fait un peu tout seul, on n’avait pas de plus grande ligne que ça. Donc après la Russie, on a finalement bifurqué sur le Kazakhstan et puis l’hiver est arrivé donc on a fait au fur et à mesure des saisons. On a suivi le soleil donc on est redescendus pour essayer de trouver le chaud en Turquie. On a d’abord traversé l’Azerbaïdjan et la Géorgie pour atteindre la Turquie, puis on est ensuite remontés par la Bulgarie, la Roumanie, l’Ukraine et jusqu’aux Pays Baltes, pour un retour ensuite en Finlande. Donc on a bouclé la boucle en fait ! On est retournés en Finlande un an après et donc ça a fini par donner un petit tour des pays de l’ex union soviétique quand même, mis bout à bout.

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Rencontre au Kazakhstan (source : Amandine)

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La venue de l’hiver en Géorgie (source : Amandine)

L : D’accord ! Et tu me disais que tu faisais surtout du bivouac sauvage et que tu avais ensuite rajouté d’autres modes d’hébergement dans tes habitudes.

A : Oui, il y a vraiment eu deux passages différents dans le voyage. Il y a eu une grosse période, presque une année de bivouac sauvage, de vie un petit peu solitaire, seule avec mon chien, en binôme. Et puis il y a une partie du voyage qui s’est un petit peu plus tournée vers les autres, parce que l’hiver oblige, on va plus facilement vers les autres, on se motive plus. Et puis c’est un exercice de style, qui s’apprend. Moi qui suis assez timide, assez solitaire de caractère, et bien finalement on se met un coup de pied au cul au début et après ça devient une habitude, on arrive à aller vers les gens beaucoup plus facilement. Et c’est intéressant aussi, je suis contente d’avoir vu ces deux aspects du voyage. Je pense que tout l’un ou tout l’autre, ça aurait été un peu dommage. Donc deux expériences très différentes, mais toutes les deux très intéressantes. Ça permet de se connaître un peu mais aussi de se tourner vers les autres.

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Bivouac sauvage en Géorgie (source : Amandine)

L : Super, donc tu as pu faire les deux dans cette même épopée. Est-ce que la présence de ton chien facilitait ou ne changeait rien ?

A : Alors ça change forcément, oui. Quoique tu rajoutes, ça change quelque chose : d’être une fille, ça change déjà quelque chose, d’être Française, ça change quelque chose… Tout ce que tu es, tu le portes sur toi. Et le fait d’avoir un chien, forcément, ça change le voyage, je n’aurais pas fait le même voyage sans le chien. C’est un bon filtre sur les personnes que l’on rencontre, car forcément tu es avec des gens qui aiment plutôt les animaux, ce qui est déjà une bonne chose. Et puis ça éloigne aussi ceux qui en ont peur, ceux qui ont peut-être des mauvaises intentions car forcément il a son rôle de gardien à jouer. Donc ça a vraiment tout changé, aussi dans le choix des pays. Notamment la Mongolie, si on n’y est pas allé, c’est parce qu’il y avait le chien que ça ne s’est pas fait. Donc oui, ça change tout, mais sans regret ! J’étais partie en me disant que mes limites seraient les endroits où le chien ne pouvait pas passer, je n’irais pas non plus. Ça fait le voyage aussi.

L : D’accord ! Quand tu dis qu’il ne pouvait pas passer, c’est en terme de douane, ils ne voulaient pas laisser entrer un chien à la frontière ?

A : Non, c’est plus compliqué que ça. La Russie était un peu grande, pour aller jusqu’en Mongolie à vélo, c’est un peu trop long. Moi je n’aurais pas pu en tout cas, il y en a peut-être qui y arrivent, mais pas moi, pas à mon rythme. Donc il aurait fallu prendre le train, le Transsibérien ou autre, et là ça pose problème avec le chien. Ce n’est pas interdit mais ça pose problème, on me demandait d’acheter plusieurs places pour le chien… J’avais des problèmes de réservation, c’était un petit peu trop compliqué pour moi alors je me suis dit que si je n’y vais pas, ce n’est pas grave, donc on a fini au Kazakhstan et puis voilà ! La Mongolie ne bougera pas, ça sera pour une autre fois !

Leur rythme de croisière

L : Oui d’accord. Tu parlais de ton rythme, as-tu une idée de la vitesse à laquelle tu roules, est-ce que c’est variable ?

A : Il y a une moyenne quand même, environ cinquante kilomètres par jour pour moi. Une petite moyenne, pour les autres cyclotouristes que vous avez dû interviewer, ça ne doit pas être beaucoup.

L : Oh ça dépend des gens !

A : Mais sur la fin, je me suis assez étonné, sur la Pologne par exemple, j’ai pu faire soixante-dix kilomètres par jour sans me sentir si fatiguée que ça. Car je pense qu’au bout d’un moment, il y a un phénomène d’habitude. Donc plus ça allait, plus on pouvait en faire un peu plus et puis on prenait toujours des journées de repos, je n’enchaînais pas comme ça à un rythme de fou.

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Savoir s’octroyer un peu de repos (source : Amandine)

L : Ok, donc le week-end par exemple ?

A : Ça tombait n’importe quand. Quand je voyais un bel endroit, on y restait. Ou quand il pleuvait aussi, c’était l’occasion de ne pas sortir et de se reposer.

L : Je pense que c’est une bonne chose parce que nous la toute première fois où l’on est parti longtemps, pour un mois mais c’était notre premier grand voyage, on n’avait pas du tout prévu de pause pendant les deux premières semaines, et si c’était à refaire, on en prendrait bien une petite !

A : Oui, c’est clair, c’est très important. On la voit la différence : le jour qui succède une journée de repos, on est vraiment mieux. On a besoin de se reposer de temps en temps, et encore plus avec un chien. Il faut que je respecte son rythme et que je ne fasse pas que de la route tout le temps, si non ça devient chiant.

L : Oui, je suppose. Justement, tu le transportes dans une remorque ou est-ce qu’il court à côté ?

A : Il a sa petite remorque enfant, avec un truc super confortable à l’arrière, un super matelas, des couvertures de fou. Donc il y est très bien ! Sinon je lui imposais, ou il le demandait aussi, dix kilomètres par jour on va dire. Pour qu’il puisse bien se reposer, il fallait d’abord qu’il se dépense, donc c’est un bon rythme je pense. Moitié-moitié en gros. Pour lui, j’essayais de couper la journée en deux, de faire toujours des bonnes balades. On démarrait toujours la journée par une heure de marche. Moi je poussais le vélo, et je trouvais ça très bien aussi d’ailleurs, pour avoir roulé avec d’autres cyclotouristes qui démarrent leurs journées directement sur les vélos, moi je trouve ça un peu violent. Et moi, ça me permettait de faire un bon échauffement aussi. Donc finalement, tout le monde était content, c’est pas mal de démarrer la journée comme ça. Ça surprend les gens, qui s’arrêtent pour te demander si t’as un problème, si t’as crevé… « Non non je promène mon chien ! » [rires]. Je démarrais plus tard.

remorque voyage a velo chien

Jah-li dans sa remorque (source : Amandine)

L : D’accord, donc il faisait ses dix kilomètres pendant que toi tu marchais le matin, c’est ça ?

A : Oui voilà, je le promenais un peu et puis après de temps en temps… Quand il était plus jeune, lors de nos premiers voyages, il y a quelques années, il courrait à côté de moi. Là non, je descends à côté du vélo et je le fais marcher, il est trop vieux.

L : D’accord, il faut écouter ses besoins et les respecter.

A : Exactement.

Matériel pour quinze mois de voyage à vélo en Europe avec un chien

L : D’accord, c’est intéressant. Je te propose maintenant de parler un petit peu matériel. Tu me disais une remorque enfant pour le chien. Il y a eu des adaptations à faire ou il a l’espace qu’il lui faut dans cette remorque ?

A : J’ai dû faire des aménagements, parce que c’est une remorque enfant donc j’ai enlevé les ceintures de sécurité, les « faux » petits sièges. C’était trois fois rien à faire. J’ai aussi enlevé ce que je trouvais en trop. Il y avait une espèce de barre à l’arrière pour faire poussette, je l’ai enlevée, c’est des grammes qui paraissent pas grand-chose, mais mis bout à bout, on enlève quand même presque un kilo de matériel qui ne sert à rien. Donc les freins aussi, je les ai enlevés, deux-trois trucs. Mais ça, c’est moi qui avais envie. Je pense que ça s’achète tel quel pour ceux qui en ont envie. Puis il y a des remorques pour chien aussi qui existent. J’en ai pris une pour enfant, mais il en existe aussi pour chien.

L : D’accord ! Et toi, tu mettais tes affaires dans des sacoches réparties autour du vélo ?

A : Oui. Moi c’était vélo normal. Après je ne dis pas que de temps en temps, je ne grappillais un peu de place dans la remorque. J’en profitais parce qu’il y a un petit coffre en-dessous, donc ça me permettait de mettre deux-trois trucs en plus. Mais l’essentiel de mes affaires étaient dans des sacoches avant et sacoches arrière.

L : D’accord ! Et tu dirais que tu devais tracter combien du coup, quand tu portais le chien et avec tes bagages ?

A : On était à cent kilos je crois.

materiel voyage a velo

L’attelage d’Amandine en Suède (source : Amandine)

L : Ah quand même !

A : Avec le chien. Et oui, parce qu’il y a les croquettes. Oui cent kilos, j’étais le poids lourd des cyclotouristes ! J’en ai fait halluciner plus d’un, il y en a qui ont voulu essayer mon vélo et tout.

L : Ah oui du coup, faire cinquante kilomètres par jour dans ces conditions, c’est pas mal !

A : Oui, c’est pour ça qu’après quand j’ai essayé un vélo dit « normal », en tout cas plus léger, je pouvais le faire les yeux fermés. Le jour où je pars sans chien par contre, tu ne me revois plus ! Si je prends de l’élan… [rires] C’était le gros gros barda. Enfin ça, c’était sur la fin surtout, quand tu as récupéré tous les cadeaux que t’ont fait les gens, les souvenirs… Tu accumules masse de trucs, et sur la fin je ne devais pas être loin des cent kilos.

L : Donc c’est que ça se fait, il ne faut pas douter ! Voyager avec un chien, c’est possible ! Avec cent kilos, c’est possible ! Est-ce que tu dirais que tu es particulièrement sportive, ou est-ce que tu t’étais entraîné physiquement ?

A : Non, je ne pense pas. Je suis loin d’être une sportive. Le truc, c’est que je le faisais sur la journée, je ne faisais que ça. Je n’avais pas de rendez-vous le soir, je n’ai pas un boulot le lendemain… je suis parti pour faire ça. Donc autant prendre la journée. Et puis si on prend vraiment son temps, qu’on n’essaie pas d’arriver tôt le soir ou de faire cent kilomètres par jour et qu’on n’a pas de pression, on peut faire ce qu’on veut. Parce que finalement, mis bout à bout, ça va assez vite à vélo. Il faut être motivé, mais je n’ai pas trouvé ça physiquement dur. Après, je ne suis pas non plus passé par les montagnes, on est quand même resté sur du plat. Avec ce matos là et le chien, j’évite de me lancer dans des cols de fou, c’est sûr. Il faut s’adapter au matériel qu’on a.

L : D’accord. Et ton vélo, il est comment : VTC, vélo de voyage ?

A : C’était un vélo de voyage, il était déjà tout monté voyage lorsque je l’ai acheté d’occasion. Mais le mec n’avait pas trop roulé avec. C’est un Gitane, un truc bien costaud. Il est un peu lourd, mais très costaud, on sent que les soudures sont vachement fortes. C’est un très bon vélo, du très bon matos, il a eu très peu de problèmes sur la route. C’est un 28 pouces, donc des grandes roues. C’est un vrai vélo de route, les pneus que j’ai monté dessus sont des pneus lisses, je ne peux pas aller m’amuser à faire des pistes. Dès qu’il y a du sable, ce n’est pas possible et même les cailloux c’est limite. C’est plutôt un vélo d’asphalte. Ça me limite un peu. Mais avec les chargements que j’ai, je n’avais pas trop le choix, et je n’allais pas m’amuser à faire trimbaler mon chien à l’arrière sur un chemin tout cahotant de toute façon. Donc c’est un beau vélo et pour ce genre de voyage là il était parfait pour moi.

L : D’accord ! Et pour la tente : quel type de tente, combien de places ? Question peut-être naïve, est-ce que le chien dort à l’intérieur ?

A : Ah non ce n’est pas naïf !

L : C’est que je n’ai pas trop d’expérience avec un chien !

A : Il dort dans la tente, avec moi, il adore ça d’ailleurs. Il a son petit matelas de la remorque que je transfère dans la tente, ça lui fait son petit lit. Pour la tente, j’avais commencé avec une MSR Hubba Hubba, le truc que tout le monde a. Et en fait la mienne, je ne sais pas pourquoi, au bout de trois jours, elle m’a lâché. Donc j’étais un peu déçue, je l’ai renvoyée et je me suis fait rembourser intégralement, ce que j’ai trouvé assez chouette de la part de MSR. C’est assez fort comme geste commercial. Et après, pour environ quatre fois moins cher, je me suis acheté une petite tente Jamet (une Colorado 4000) qui est une marque française, qui ne paie pas de mine, mais qui a fait le reste du voyage et qui est encore bonne. Donc c’est une deux places, je prends toujours deux places, une pour moi, une pour le chien, comme ça on n’est pas à l’étroit. Une double entrée, un truc qui fait deux-trois kilos maximum. Elle est nickel, franchement si c’était à refaire, je repartirais avec ça directement, ça m’aurait évité ces ennuis mais bon. J’ai voulu écouter les conseils des gens et voilà.

L : Et tu sais ce qui a lâché dans ta tente MSR ?

A : C’est l’arceau central qui a lâché dès la troisième fois. Une petite tempête de rien du tout et « clac ». On a réussi à le faire tenir, à la rafistoler pendant quelques mois, mais il y a eu deux-trois tempêtes de plus et c’était cuit. À la fin, elle tenait avec des bâtons, c’était n’importe quoi. [rires] C’est dommage. Je suis mitigée, je suis contente de leur service après-vente, mais sur le matos… Après, j’ai pu tomber sur une tente défectueuse aussi, ça arrive. Chacun doit faire son choix je crois.

L : Ceux qui ont ce type de tente, n’hésitez pas à dire ce que vous en pensez, si vous avez eu des expériences de tempête, est-ce que ça a tenu ? Là c’était peut-être un défaut, ou alors est-ce qu’il y a vraiment un problème ? C’est une façon de le savoir. En tout cas, c’est top qu’ils te l’aient remboursée intégralement. Et puis sûrement que ça les aide à se remettre en question si jamais il y avait un petit défaut.

A : C’est ça. Mais ça prouve qu’ils sont pros de toute façon. Ça, je ne le remets pas en doute. Mais voilà, quand on part pour un voyage comme ça, on investit dans du matériel et on espère le garder jusqu’au bout. Parce que c’est un investissement de base. Mais là en l’occurrence j’y ai gagné parce que j’ai payé moins cher ma tente d’après. Mais voilà, c’est le genre de surprise qui ne fait pas plaisir dès le début.

L : C’est sûr.

L : J’ai une autre question sur le matériel. Tu fais beaucoup de bivouac, est-ce que tu as un réchaud, ou est-ce que tu manges frais ?

A : Je mange frais l’été, mais sinon c’est réchaud le reste de l’année. L’hiver, c’était essentiel. C’est un réchaud à Gaz, un Primus, un système que l’on trouve partout. C’était bien rare que je ne trouve pas ce système-là. Il y a juste eu pour la petite histoire deux semaines en Azerbaïdjan où je n’ai vraiment pas réussi à trouver de cartouche de gaz. Je n’en avais plus et ça ne se vendait pas. J’avais beau chercher, même sur les sites de voyageurs, ils disaient qu’il fallait aller jusqu’à Tbilissi en Géorgie.

Voyager à vélo avec un chien – conseils

L : Ok ! Et as-tu d’autres conseils que tu voudrais donner aux gens qui voudraient partir avec un chien, auxquels je n’aurais pas pensé ?

A : Oui ! Il y a plein plein plein de conseils ! Je leur conseille presque de m’écrire s’ils veulent plus de conseils ! Il faut déjà un bon chien qui est bien éduqué, ne serait-ce que pour donner une bonne image du chien. C’est un peu le but, c’est un ambassadeur quelque part. Dans tous les pays où on est allés, dans toutes les maisons dans lesquelles on a été invités, devant tous les magasins devant lesquels il a attendu, il a donné une bonne image du chien. Si on part avec un chien qui est foufou, qui va embêter les gens, qui va mordre… et bien les gens ne vont plus ouvrir la porte après à d’autres chiens. C’est donc vachement important. Et puis pour lui aussi, qu’il ne prenne pas de risque, il faut que cela soit un chien qui puisse marcher le long de la route, donc qu’il ne fasse pas le foufou, qu’il ne parte pas en courant, qu’il ne prenne pas de risque pour lui-même déjà. Il faut donc une bonne connaissance du chien, ne jamais trop s’éloigner d’une ville, ou d’un point où on peut trouver un vétérinaire. Ça, ce n’est pas faute d’en avoir pris la leçon chèrement lors de notre premier voyage, on était vachement loin de toute civilisation et il est tombé malade au milieu de la nuit et en urgence j’ai trouvé un vétérinaire, on a dû rouler de nuit… Ce n’était vraiment pas pratique, il était trop loin. Donc ne jamais trop s’éloigner d’un vétérinaire.

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Avoir un chien bien éduqué – le premier conseil d’Amandine (source : Amandine)

C’est beaucoup de papiers aussi à faire. Avant de partir on fait tous les vaccins qu’il faut. Il faut que tous ses papiers soient à jour, il faut qu’il ait son passeport européen. Donc avant de partir on se renseigne sur toutes les modalités, les conditions d’entrée d’un chien, par pays. Histoire d’être rodé, histoire d’être prêt, de ne pas se retrouver surpris à une frontière à ne pas pouvoir passer. Donc ça se prépare en amont. Il faut anticiper tous ces trucs-là. Il y a pas mal de paperasse à faire. Le chien, selon les pays, a différents vaccins à faire aussi. Voilà !

C’est assez complet, mais déjà sur le comportement – après tout le reste ça se regarde sur internet, on se renseigne et tout ça – mais déjà on ne part pas avec un chien qui n’est pas éduqué. Je trouve que c’est vraiment se tirer une balle dans le pied. Partout où on voudra aller, le chien ne sera pas accepté s’il est foufou. Toi tu vas t’embêter la vie avec ton chien qui va partir, tu devras le surveiller… je veux dire, on est déjà à vélo, c’est déjà un mode – tu le sais si tu as voyagé – à vélo on est concentré déjà sur la circulation et tout ça, donc s’il faut en plus toujours avoir un œil sur son chien ce n’est pas évident. Et puis même, un chien déjà bien habitué à ça, qui répond, évidemment, qui s’enfuit pas – parce qu’on est dans des pays étrangers, il n’y a pas la SPA qui va récupérer ton chien et puis t’appeler parce qu’il l’a récupéré. Au Kazakhstan, s’ils trouvent ton chien, ils le buttent… c’est réglé… Il faut toujours avoir un œil sur son chien et il faut avoir un chien qui est bien éduqué. C’est le premier conseil que je donnerais à quelqu’un qui veut partir. On a beau aimer son chien, s’il n’est pas éduqué, s’il a des problèmes de comportement on ne l’emmène pas, on travaille dessus avant de partir.

L : Oui, ça ne lui rend pas service ni à lui, ni à nous en gros.

A : Oui, pour nous c’est rendre le voyage agréable et possible.

L : D’accord ! Je trouve que c’est des super conseils pour ceux qui seraient vraiment novices pour partir en voyage avec leur chien. Il faut bien se renseigner !

A : Il y en a qui hésitent toujours parce que justement ça a l’air compliqué. D’un point de vue extérieur, il y en a beaucoup déjà qui m’ont contactée en disant « J’aimerais bien partir avec mon chien mais… » on a toujours la logique – je ne sais pas pourquoi, si c’est français ou quoi – de se dire « soit je voyage, soit j’ai un chien ». C’est bizarre de faire cette opposition-là, de forcément devoir choisir entre les deux. Alors que pas du tout, et que c’est un bonheur de partir avec son chien. C’est un vrai bonheur ! Et surtout pour une fille. Je pense que je me suis sentie beaucoup plus en sécurité avec mon chien à plein d’endroits plutôt que si j’avais été toute seule.

L : D’accord ! Je te remercie pour ces conseils très spécifiques qui vont en intéresser plus d’un je pense.

A : De rien ! Si ça peut permettre à plein de chiens de partir avec leurs maîtres alors je serais contente !

L : Ça va faire des opportunités pour certains compagnons.

Préparation de l’itinéraire

L : Et je voulais te demander comment tu préparais ton itinéraire : est-ce que tu le faisais au jour le jour ou est-ce que tu avais tout prévu – enfin, je sais que tu as contourné à des endroits – mais est-ce que le soir tu prenais une carte et tu disais « je vais passer par là » ?

A : Oui c’était plutôt au jour le jour. Il n’y avait pas trop… il y avait quelques pays incontournables où je voulais absolument aller, mais même une fois arrivés dans le pays après c’était vraiment au fur et à mesure des rencontres, qui comptent vachement, les gens vont te dire. Il faut aller dormir chez les gens et leur demander ce qu’il y a de beau à voir, par où on peut passer, etc. C’est super important. Et eux vont faire ton itinéraire au fur et à mesure. On n’avait pas du tout d’idée très précise. C’était plutôt au jour le jour.

L : Avec plutôt cartes routières ou est-ce que tu avais un GPS, un smartphone ?

A : Ah non moi je suis « old-school » avec mes cartes papier [rires]. J’avais mon téléphone quand j’étais vraiment paumée, notamment dans les villes. Maintenant sur tous les téléphones tu as un GPS donc c’est cool, parce que dans les villes je me perds vite. Mais le reste du temps c’était à la carte.

Exemple de budget pour quinze mois de voyage à vélo en Europe avec un chien

L : D’accord ! Et, petite question, tu me disais tout à l’heure en aparté que tu n’avais pas forcément une idée très précise de ça, mais est-ce que tu as une idée globale du budget mensuel ou… ?

A : Plutôt mensuel du coup : je tablais sur du 200 euros par mois tout compris. Avec le chien. Pour moi toute seule on devait être sur les 150 et puis je comptais 50 euros par mois pour le chien. En dehors des surprises, des visites chez le vétérinaire, il y a les certificats à obtenir à chaque frontière. Ça aussi c’était la surprise, par exemple la Russie c’était gratuit, je ne sais pas pourquoi, au Kazakhstan, la Géorgie, 20… c’était à la tête du client je pense. C’était à rajouter au budget. Mais sur un budget global uniquement la nourriture et le téléphone, et le chien, on était sur du 200 euros max.

L : Ok !

A : Ce n’est pas si énorme que ça !

L : Non, c’est très raisonnable je trouve.

A : Je suis partie avec très très peu d’argent de côté aussi. Donc il fallait que ça passe.

L : Pas le choix ! C’est bien, ça montre qu’il faut y aller. Quand on a le projet, il ne faut pas se freiner en se disant qu’on n’a pas des milles et des cents en banque, c’est possible…

A : Voilà, si tu n’as pas beaucoup d’argent et que tu ne peux pas voyager à vélo tu ne voyageras jamais en fait… Je pense que c’est le mode de voyage le moins cher qui soit. Parce que tu es hébergé vachement facilement chez les gens ou tu dors dehors donc niveau hébergement il n’y a rien, ce n’était pas du tout compris dans mon budget, j’avais zéro euros de budget hébergement. C’était uniquement ma nourriture, et manger, tu mangeras chez toi aussi. Donc de toute façon, c’est tout, il n’y pas vraiment… tu payes ton téléphone de toute façon… je trouve que c’est le mode de déplacement, de voyage, qui est le moins cher. Donc ce n’est pas une excuse, comme tu dis !

sous le soleil de minuit en suede

Budget hébergement = 0 € sous le soleil de minuit en Suède (source : Amandine)

L : Complétement, c’est pour ça qu’on est partis à vélo la première fois nous. Parce qu’on n’avait pas beaucoup.

A : Quand tu es pauvre c’est bien [rires] !

L : C’est ça ! Et puis après on a le virus et on repart…. C’est pour beaucoup aussi comme ça que ça commence.

Le déclic du voyageur

A : J’ai l’impression aussi dans les histoires qui reviennent, pour avoir rencontré pas mal de cyclotouristes, que souvent il y a une espèce de mentor, de modèle. Il y a toujours quelqu’un qui t’a donné envie de voyager. Je ne sais pas si c’est le cas pour vous aussi ? Je renverse l’interview, c’est moi qui pose les questions [rires]. Est-ce que vous aussi vous avez quelqu’un qui vous a ouvert les yeux là-dessus ? Une personne en particulier ou pas ?

L : Alors, nous c’est un peu plus « mic-mac ». En fait, moi j’avais envie de voyager à pied, je ne sais pas si j’ai une image de voyageur héroïque dans la tête, c’est un peu erroné mais pour moi c’était Nicolas Hulot quand j’étais enfant…

A : Ah d’accord [rires] !

L : J’avais envie d’être comme lui, même si après, chacun sa façon de voyager. Et puis, mon copain lui n’aime pas forcément marcher, Maxime. Donc c’est là qu’on s’est dit « On va faire à vélo » parce qu’on n’a pas d’argent pour du carburant et puis ça pollue. Et puis voilà. Je connaissais juste un ami qui avait voyagé avec un pote à vélo, en Irlande, et j’avais trouvé que c’était sympa comme idée. Donc voilà, c’est parti comme ça pour nous.

A : Ok ! Donc on a quand même toujours une ou deux personnes…

L : Une image de l’explorateur !

A : Oui toujours !

L : Et après j’ai découvert les héros, les héros entre-guillemets, du voyage à vélo en lisant des tas de livres.

A : Ok !

Projets de voyages futurs

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L’appel de la route (source : Amandine)

L : Et je voulais te demander, quels sont tes projets de voyage pour la suite ? J’imagine que ça sera toujours avec ton chien. D’ailleurs, comment s’appelle-t-il, je ne t’ai pas demandé ?

A : C’est Jah-li.

L : D’accord ! Quels sont les projets avec lui du coup ? À vélo, à pied, je ne sais pas.

A : Nous à la base, on est plutôt des marcheurs. On s’est mis au vélo parce qu’on vieillit et que le vélo c’est pas mal quand tu vieillis parce que tu n’as plus à porter ton sac à dos sur le dos, c’est le vélo qui porte tout. Mais le problème c’est que maintenant, on vieillit beaucoup. Enfin moi ça va, mais lui, il va sur ses douze ans. Les projets de voyage si tu veux, ils sont… On a des envies de voyage. Les projets, je ne vais pas aller jusque-là parce qu’on ne sait jamais ce qu’il peut arriver et qu’à douze ans, ça peut aller très vite. Si je me lance dans un projet, je risque d’être déçue. Donc je préfère voir. On est rentrés pour l’été parce que les grosses chaleurs allaient arriver et que je ne voulais pas être sur la route avec lui pendant l’été. Donc déjà, s’il y a un autre voyage, ça sera en-dehors de la saison chaude, parce qu’il ne supporte pas le chaud du tout. Donc s’il devait y avoir un autre voyage, ça serait rapidement, avant qu’il ne soit trop vieux. Et moi, je ne sais pas, je serais bien partie faire un petit tour, tout bêtement en France. Quelque chose que je n’ai pas fait, d’aller jusqu’à Nantes. J’étais bien motivée de descendre la Loire jusqu’à l’Océan. Ça aurait été sympa de faire une petite traversée en diagonale, sans prendre trop de risque avec lui parce que l’on est en terrain connu, on peut aller facilement trouver des vétérinaires, on ne s’éloigne pas trop des zones civilisées, on va dire ça comme ça. Ça serait plutôt un truc à la cool comme ça, ou Espagne-Portugal tu vois, descendre en automne. Voilà, dans le coin. On va éviter de trop partir loin maintenant avec le vieux chien. Et le plus gros projet, ça sera après, quand il ne sera plus là peut-être. Peut-être avec un chien plus jeune, on verra. Dans longtemps longtemps.

L : Ce n’est pas pour tout de suite. Et d’ailleurs si tu passes à Nantes, n’hésite pas à nous passer un petit coup de fil, nous on est sur place !

A : Et oui ! Super ! Ça sera l’occasion de se rencontrer en vrai.

Pour retrouver le voyage d’Amandine et Jah-li

L : Carrément. Et je vais conclure en te demandant si tu as un site, un réseau social, quelque chose où tu diffuses des choses et où les gens pourraient te contacter ?

A : Il y a ma page Facebook, c’est tout. J’ai fait le choix ou pas de ne pas faire de blog là-dessus, parce que je trouve qu’il y en a déjà beaucoup. On me l’a demandé souvent au cours du voyage, de relater mes aventures, de faire un blog. Alors je disais « Oui, peut-être plus tard, plus tard ! ». Et puis ça y est, j’ai fini. Ça ne s’est pas fait, donc c’est uniquement sur ma page Facebook que l’on peut me contacter.

L : Pas de souci, c’est déjà bien ! Et puis on n’est pas obligés de raconter quoique ce soit, chacun ses goûts !

A : Oui et puis je ne suis pas trop gros texte non plus, donc j’ai tout misé sur les photos. La meilleure façon de montrer ce que je vois, c’est encore les photos. Donc je faisais des albums par pays, une trentaine de photos par pays en gros. La Russie peut-être un peu plus parce qu’on y est restés plus longtemps. Je trouvais que pour donner une image d’un pays, c’est encore ce qu’il y a de mieux. Donner aux gens l’envie d’y aller, montrer à quoi ça ressemble plutôt que de faire des pavés de texte. C’est mon choix, chacun sa méthode. Et ça, c’est en mode public, tout le monde peut y accéder sur ma page Facebook.

sur les bords de la volga en russie

Sur les bords de la Volga en Russie (source : Amandine)

L : D’accord, on mettra le lien en-dessous de l’interview, comme ça les gens pourront aller voir un petit peu en image le voyage que tu as pu faire avec ton chien.

A : Pas de souci !

L : Amandine, je te remercie beaucoup. C’était très sympa de discuter avec toi, surtout d’un sujet que je ne connaissais pas du tout, le voyage avec un animal.

A : Oui, c’est un peu pour ça qu’on partage aussi. Et c’est aussi la période, la mauvaise période pour les chiens. En ce moment, avec l’arrivée de l’été, les abandons qu’il y a en France, c’est terrible. On est numéro 1 européen quand même, la France, en termes d’abandon de chien en été. Donc je pense que partager mon expérience à ce moment-là de l’année, ce n’est pas forcément le mauvais moment.

L : En effet, c’est dans le thème.

A : Donc merci à vous !

L : Merci à vous et on entend ton message de lutte contre l’abandon des chiens, je trouve ça vraiment atroce. On peut partir aussi avec son animal.

A : Oui, c’est même du bonheur ! Merci beaucoup !

L : Merci ! Au revoir !

A : Au revoir !

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Maxime et Lucie En Echappée
On est tous les deux des passionnés de voyage, débutants dans le voyage à vélo et très curieux à ce sujet. Suivez sur ce blog nos voyages à vélo, et découvrez nos rencontres, inspirations et conseils pour préparer les vôtres ! Le blog évoluera au fil de nos découvertes cyclistes et de nos rencontres. Notre projet est de vous livrer nos expériences, mais aussi de donner de la voix aux autres voyageurs pour compléter nos avis. Alors, débutants ou confirmés, suivez-nous et partez avec nous en échappée !

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