Belgique, Allemagne et Bourgogne en vélo pliant : le témoignage d’Astrid

voyage velo pliant brompton

Astrid et son vélo pliant (source : Astrid t’Serstevens)

Bonjour à tous, bienvenue sur En Echappée pour une nouvelle interview ! Aujourd’hui, nous interviewons Astrid, qui nous vient de Belgique. Elle s’est proposée lors de notre appel à témoignage sur Facebook et elle ne connaît pas notre blog. Nous lui avons expliqué que nous recueillions des témoignages de voyageurs à vélo pour les partager à nos lecteurs. Vous êtes prêts ? C’est parti !

L’article et le podcast sont longs, n’hésitez pas si besoin à utiliser le sommaire ci-dessous pour aller directement à ce qui vous intéresse !

Ce dont on parle dans cette interview :

Présentation d’Astrid et de ses voyages à vélo

Astrid : On a commencé à voyager il y a cinq ans lorsque l’on a découvert la Meuse à vélo, je ne sais plus par quel canal, mais un jour j’ai vu sur une publication qu’il y avait une véloroute à Charleville-Mézières, donc on est partis à plusieurs. On a laissé la voiture d’un côté, c’était très bien organisé et très facile parce qu’il y a un train. Et on a fait ce petit morceau en deux jours, ce qui était un peu trop car il n’y avait que 85 kilomètres. Donc c’est parti de là, puis l’année d’après, nous avons fait la Forêt Noire en Allemagne. L’Allemagne est quand même assez facile. La Forêt Noire du sud, nous l’avons faite pendant 4-5 jours, pas en autonomie, nous allons toujours dormir à l’hôtel ou en chambre d’hôte, ce que l’on trouve sur la route, donc on était un peu limités dans l’action et puis on travaille toujours.

Et puis on habite à la campagne, le long d’un RAVeL (réseau autonome des voies lentes, réseau d’itinéraires pour les piétons, cyclistes, cavaliers, en Belgique wallonne) et ça, c’est un départ très facile et c’est vraiment comme ça, impromptu, quand il faut beau, quand on a trois-quatre jours de beau temps devant nous, on se dit « Hop ! On part ! », on prend sa brosse à dents, son pyjama et on s’en va vers l’Allemagne, parce qu’on est tout prêts et qu’on est connectés à toutes sortes de réseaux avec la Moselle et tout ça. Et en Allemagne, tout est facile parce qu’il y a des trains, c’est tellement facile pour des cyclistes comme nous. C’est plutôt des voyages pépères comme ça.

On a aussi fait une belle randonnée ce printemps en mai, on est partis faire le grand tour de la Bourgogne, qui est un peu plus ambitieux en longueur parce que ça fait 700 kilomètres, on a dû faire des étapes un peu plus importantes et fixer les étapes. Parce qu’en général, on part à l’aventure, sans rien réserver. Tandis que la Bourgogne, on a réservé, donc c’était plus contraignant, mais c’était une très belle randonnée. Nous avons fait onze jours de vélo et c’était une expérience, c’était vraiment partir en voyage, on a l’impression d’être très loin de chez soi. Même si c’est une boucle, mais la durée et le fait de pédaler tous les jours et de recommencer à pédaler 70-80 kilomètres, c’est vraiment une expérience nouvelle, ça change de quatre-cinq jours. Nous pédalions entre 55 et 85 kilomètres.

Voyager à vélo en groupe

De superbes paysages à partager en groupe (source : Astrid t’serstevens)

J’ai fait aussi une fois une aventure beaucoup plus aventureuse. Avec des collègues,  nous sommes partis de Bruxelles jusqu’à Francfort, on faisait l’étape d’un raid. Nous sommes partis du bureau, avec aussi nos affaires sur nous, en sachant que l’on allait dormir quelque part, car nous n’avons pas de tente. On est partis vraiment, mais vraiment à l’aventure ! [rires] On n’avait même pas de carte, on s’est dit « On va vers Francfort », en montrant juste avec notre bras. Il y avait un collègue qui avait son IPhone et qui regardait toujours son chemin dessus. Mais évidemment, l’IPhone a été plat une heure après, donc nous avons acheté une carte en chemin et nous avons fait le trajet vraiment à l’aventure, en cherchant le chemin et en faisant de très grandes étapes, nous avons fait plus de cent kilomètres par jour. Et c’était très amusant, c’est très amusant d’avoir un but en vélo. La chose la plus drôle, c’est d’avoir cette chose lointaine, puis le chemin pour y aller est tellement amusant. C’était formidable, en plus il faisait beau. Et c’était des collègues, donc c’était tellement inédit, tellement drôle. Voilà ce qu’on fait à vélo, nous en Belgique !

Des voyages en groupe

M : Quand tu dis « on » pour tes voyages, pour ton tour de Bourgogne par exemple, vous étiez plusieurs ?

A : Oui, des fois j’arrive à décrocher mon mari, qui est moins aventureux, beaucoup moins, mais on l’a fait donc ça va ! J’ai déjà proposé à des gens qui aiment bien faire des randonnées, mais là c’était assez important comme période, il fallait partir douze jours pratiquement, voire plus avec le jour d’avant, le jour d’après. Mais finalement on est partis à quatre. Mais je connais plusieurs couples d’amis, des couples de gens qui sont intéressés, qui me disent chaque fois « Oh, tu aurais dû me dire ! ». Parce que le voyage à vélo, tout seul, on a du mal à démarrer. Quand on a directement un projet ou une dynamique, parfois c’est plus motivant. Donc en général, on est à quatre ou cinq.

M : Ah super, donc c’est vraiment en petit groupe que tu voyages.

A : Oui. Parce qu’évidemment, des grands groupes, ça devient impossible à loger, donc ce n’est pas le but non plus. Si on part à quinze, c’est très amusant, mais on ne sait pas se loger, surtout en Bourgogne, où il n’y a rien. Pas partout, mais il y a quand même des endroits extrêmement perdus. Là, je ne sais pas comment faire : voyager avec une tente, ou avoir un plan B… Toi, tu voyages avec une tente ?

M : Oui, avec la tente.

A : Qu’est-ce que tu as comme modèle de tente ?

M : C’est une MSR Elixir 3, une tente trois places, qui pèse trois kilos et dans laquelle on s’y met à deux.

A : Avec les vélos ?

M : Non, les vélos dehors. C’est pour avoir les sacoches dedans.

A : Ah oui, trois kilos… Alors ça monte vite les bagages.

M : Oui, on a à peu près vingt kilos en plus des vélos.

A : Ah oui, ça fait beaucoup, mais bon il y a peut-être pas moyen de faire autrement.

M : Oui, c’est difficile de faire moins quand on veut être autonome. Il y en a qui font moins [ndlr : certains voyagent en autonomie avec 14 kilos, voire encore moins], mais ça monte assez vite, avec tout le matériel.

A : Tu as le réchaud, de quoi faire à manger ?

M : Oui, tout ce qui faut pour faire à manger, des réserves aussi.

A : Oui, c’est du beaucoup plus sérieux ça, par rapport à des touristes avec rien, même pas de bouteille d’eau parfois !

Matériel pour des voyages à vélo estivaux de moins de deux semaines

M : Pas plus sérieux, c’est juste différent ! Tu penses avoir combien de kilos en général ?

A : Pas beaucoup. En général, on fait ça l’été, quand il fait beau. On voyage avec des vélos pliants, donc on avait un petit sac sur le porte-bagages du Brompton. Donc on doit avoir maximum trois-quatre kilos, juste des habits, du change. C’est très restreint. Et dans le panier de devant, il y a la cape de pluie, du matériel pour réparer, une bouteille d’eau, vraiment pas grand-chose en fait.

Brompton vélo pliant de voyage

Le Brompton d’Astrid, son fidèle vélo pliant (source : Astrid t’Serstevens)

M : D’accord, donc tu n’as pas de sacoches.

A : C’est ça. Et mon frère qui était avec nous avait des espèces de machin comme des éléphants derrière, avec deux poches sur le côté, une au-dessus, une autre sur le côté. Quelque chose en nylon, très léger. Et ça c’était bourré au max. Et il transportait des trucs… Et je voyais ma belle-sœur qui était tous les jours avec une nouvelle tenue, mais enfin ! Ça faisait vraiment très surdimensionné comme bagages, parce qu’on n’a pas besoin de grand-chose à vélo. Enfin, c’est mon opinion.

La constitution du groupe de voyageurs

M : Tu me disais que tu voyageais pas mal en petit groupe, c’est vraiment ce que tu préfères, d’être en groupe plutôt que d’être toute seule ou d’être juste à deux ?

A : Non, des fois on l’a fait juste à deux. Mais justement, quand on fait des jolies randonnées, les gens nous disent : « Oh, mais tu aurais dû nous le dire, on serait venus ! ». C’est pour ça, qu’avant de démarrer, quand on voit quelque chose qu’on va organiser, on le propose. Mais en général, il y en a l’un ou l’autre qui démarre, ce n’est pas vraiment un but de ne pas être tout seul. Je suis aussi déjà partie toute seul de Bruxelles avec mon petit Brompton, jusqu’à Trèves. J’ai fait tout un tour, vraiment toute seule et bon… Ce n’est pas un but en soi de voyager toute seule, il faisait beau, je me suis dit « Bon maintenant, je pars, c’est aujourd’hui ou jamais. ». Surtout que l’on ne part pas très loin, on a encore des enfants, j’ai un mari, je ne suis pas non plus avec une liberté totale. Cette fois-là, c’était l’été, je me suis dit « j’ai trois jours devant moi, je le fais, c’est la fin des vacances, c’est maintenant ! » Mais sinon, c’est vrai que c’est plus gai quand on est un peu plus, parce que tout le monde profite du voyage, c’est un peu amusant, parce qu’il y a l’étape le soir, on papote. C’est gai quoi ! C’est sympa, et puis ça ne dure pas trop longtemps. Et en général, les gens qui font du vélo vont du même pas que nous. Parce qu’évidemment, il ne faut pas trop de différence, des gens qui ne sont pas du tout en forme ou bien des enragés qui veulent faire 150 kilomètres sur la journée. Ça ne va pas, c’est plutôt des gens qui sont assortis.

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Trouver des partenaires avec le même rythme (source : Astrid t’Serstevens)

Son rythme de croisière

M : Parce que votre rythme de croisière, c’est combien de kilomètres par jour en général ?

A : Dans les tours que l’on a fait dans le passé, c’est généralement entre 50 et 80, mais c’est plutôt 60-70. C’est assez naturel parce que l’on pédale le matin, puis on mange, puis on pédale l’après-midi, ce n’est pas du tout impossible à tenir. Et cette fois-ci en Bourgogne avec ma belle-sœur qui n’est jamais très sportive – et personne ne sait comment on va se comporter pendant onze jours comme ça d’affilée, parce que des fois on peut avoir mal quelque part – et en fait ça a été extrêmement facile pour tout le monde, c’était aisé, ça ne demandait pas de gros effort, juste de l’endurance. Juste de la motivation en fait, c’est le moteur principal. Parce que pour le reste, le corps souffre assez peu à vélo. On est étonné de la douceur de l’effort, même si cela reste un effort, mais très doux. Mais évidemment, la Bourgogne c’était tout plat, il faut le dire. Cela ne monte pas, il n’y a pas de grandes côtes. Il y a un petit peu de montées, mais l’effort reste uniforme. Et ça, tout le monde peut fournir pendant des heures sans souffrir, à mon avis. C’est vraiment très abordable. Et les gens ne se rendent pas compte à quelle point c’est à leur portée, je pense. Ils ne connaissent pas leurs capacités à ce niveau-là.

Vous avez des projets de voyage maintenant ?

M : Oui, on va partir en Ecosse cet été !

A : Aaah ! Mais ça c’est de la montagne !

M : Oui, c’est pour ça qu’en ce moment, on change de vélo pour avoir un peu plus de braquets, on n’en a pas beaucoup pour l’instant.

A : Ah oui, il faut vraiment changer de vélo pour ça ?

M : En fait, on n’avait que sept vitesses avant, c’était vraiment des vélos pour du plat. Et maintenant, il va falloir que l’on puisse mouliner un petit peu.

A : Avec vingt kilos de bagages, faire des grandes montées comme ça !

M : Oui, on va bien voir comment cela va se passer !

Des vélos pliants : un Brompton pour Astrid et un Ahooga électrique pour son mari

D’ailleurs, vous avez quoi comme vélo ?

A : Alors, moi j’emmène toujours un Brompton dans cette aventure-là, donc c’est une autre tribu. Et mon mari, depuis la Bourgogne, s’est équipé d’un Ahooga, c’est un vélo pliable avec une légère assistance électrique et très léger. Très léger. Il a été conçu par deux belges, ici à Bruxelles, il est assez bluffant. On est allé le chercher le jeudi matin et le vendredi matin, on partait en Bourgogne. Donc on l’a testé directement en grandeur réelle et c’était tout à fait concluant. Parce que c’est une petite assistance qui aplatit les difficultés, donc dès que ça monte un peu : « Vrrrrr », on est poussé un peu, et puis on l’arrête, parce qu’il est léger donc il n’y a pas du tout besoin d’avoir de l’assistance continue. Très efficace. Donc je me dis « Ben oui, on passera tous à l’assistance un jour ! », lui il a fait le pas.

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Le vélo pliant Ahooga, à assistance électrique (source : Astrid t’Serstevens)

Donc mon frère avait un Trek, un VTC normal, et ma belle-sœur un vélo normal. Mais il y avait plus que sept vitesses, on en a chacun 21. Des vélos assez costauds. Et il n’y a pas eu de problème, à part pour ma belle-sœur qui a une chaîne un peu usée et qui a sauté deux fois, en changeant de vitesse un peu vite. Mais sinon, rien. Personne n’a rien eu. Parce que je me suis dit plusieurs fois « Si maintenant on casse une chaîne… », parce que l’on peut être très loin et avoir un ennui technique assez embêtant. Et surtout, casser une chaîne, ça me paraissait une des choses les plus horribles qui puisse arriver… Et bien non, on n’a rien cassé, tout a été très bien.

Toi, tu as déjà eu des grandes pannes ?

M : Non, principalement des crevaisons à répétition. Mais maintenant, j’ai des bons pneus et je ne crève plus jamais.

A : Et qu’est-ce que tu as mis comme bons pneus ?

M : Des Schwalbe Marathon Plus.

A : Et oui, nous sommes tous avec Schwalbe Marathon Plus, c’est clair qu’il faut du bon matériel.

M : Oui, ça diminue les ennuis.

Les ateliers collaboratifs pour apprendre à réparer son vélo !

A : C’est tellement embêtant sinon. Mais depuis, j’ai appris à réparer une chaîne, j’ai un déraille-chaîne avec moi, donc c’est terminé, je n’ai plus peur de casser une chaîne.

M : Oui voilà. Avec un maillon de rechange alors ?

A : Oui, tout à fait. Je suis allé dans un atelier, il y a des ateliers comme ça à Bruxelles. Je suppose qu’il y en a partout. D’où est-ce que tu m’appelles ?

M : De Nantes. On a aussi des ateliers collaboratifs.

A : Et alors, on peut aller avec son vélo faire des tas de réparations et les mécaniciens sont très bons. Quand on démonte une roue, on va démonter le roulement, on va le nettoyer, on regarde comment c’est fait, on regarde les rayons, on va les retendre… Tout est comme ça, bien précis. Et donc il m’a appris justement à me servir d’un dérive-chaîne. Parce que sinon, les tutoriels sur Internet, c’est joli d’avoir une belle petite vidéo, mais il n’y a rien de tel que l’expérience. Enfin moi, je ne suis pas très férue en vidéo. Par exemple, je regardais « Démonter une roue arrière de Brompton », ce n’est pas du tout évident. J’ai regardé cette vidéo dix fois, puis je suis allé à l’atelier et là le type m’a montré et c’était bon. Parce que ce n’est pas évident les vidéos en Anglais.

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Voyage à vélo et patrimoine (source : Astrid t’Serstevens)

M : Et est-ce que tu t’étais renseigné un peu sur la façon de faire des réparations avant de partir, ou tu es partie en te disant « On verra bien » ?

A : Oui, donc j’étais allé justement avec mon Brompton pour apprendre à démonter la roue arrière. Ça, c’était très important parce que c’est très bizarre les Brompton, c’est fait différemment. Bon, les freins tout ça, on voit plus ou moins comment ça marche. Le problème, c’était la chaîne. On est partis en Bourgogne sans le savoir, on n’a pas eu d’accident, mais en rentrant, je suis allé me former dans ce chapitre-là aussi. Parce qu’avec une chaîne cassée, le vélo est tout à fait inutilisable.

Toi, tu sais réparer une chaîne, tu as appris ?

M : Oui, je l’ai déjà fait une fois.

A : Oui, c’est ça, il faut quand même avoir cet outil qui ne pèse pas très lourd. Bon pour moi, c’est de l’ordre du gri-gri tout ça, parce que l’on ne s’en sert jamais. Mais si on ne les a pas et on casse… Tout peut arriver.

M : Oui, on voyage toujours avec le dérive-chaîne, on l’a toujours.

A : Oui, c’est sûr. Qu’est-ce que vous avez toujours aussi en voyageant ?

M : On a une ou deux chambres à air de rechange, les démonte-pneus, le kit pour coller des rustines et puis toutes les clés Allen et clés plates aux tailles dont on a besoin, on n’emmène pas plus, ça ne sert à rien d’avoir une clé de 11 si elle ne sert à rien sur notre vélo. [NDLR : + des tournevis, un peu de corde et de scotch et des ciseaux]. Et puis après un dérive-chaîne aussi, mais même pas de maillon de rechange, donc… ça pourrait être pas mal d’en avoir de rechange. Ah important aussi, des colliers de serrage, ça aide beaucoup. Par exemple, toutes les soudures de mon porte-bagages ont cassé et je les ais toutes réparées avec des colliers de serrage.

A : Un collier Colson ?

M : Oui, c’est ça.

A : Ah oui, ça c’est fantastique.

M : C’est un gars qui m’a donné ça en Allemagne. Il me dit « ça, c’est super bien ! ». Je lui dis « D’accord, mais je ne vois pas à quoi ça peut servir. » Et bien si je n’avais pas eu ça, j’aurais été vraiment mal.

A : Oui, on peut toujours trouver un bout de ferraille par terre, mais bon, c’est plus facile un collier Colson. J’ai vu quelque part que c’est très dur de remonter un pneu Schwalbe. Et il y en a certains qui serrent le pneu avec un collier Colson au début du montage, qui le serrent contre leur jante. Pour réussir à faire le tour de la jante, ils mettent un collier.

M : Oui, le problème des pneus Schwalbe, c’est que c’est super dur. Ça fait mal aux pouces quand on les remet.

A : Oui, moi je ne sais pas les remonter. J’utilise toujours une clé mais le type me dit « Mais jamais ! Il ne faut pas de clé, ce n’est pas comme ça qu’on fait » et il fait avec ses grosses mains bien dures. C’est vraiment très pénible à faire.

La préparation de l’itinéraire

M : J’ai une autre question, je me demandais comment vous prépariez votre itinéraire.

A : Dans le cas de Francfort, c’était clair, il n’y avait pas de préparation, on savait qu’on allait là-bas, c’est tout. Et on a trouvé l’itinéraire fabuleux, c’est vraiment très beau. Je le dis partout parce que c’est étonnant. On fait cette route en Belgique sur l’autoroute et c’est très moche. Mais dès que l’on sort de l’autoroute et que l’on va par les petits chemins cyclables… Parce que l’on passe par la Flandre, qui est aussi un paradis de vélo… et un paradis de balisage, c’est fantastique. Ça s’appelle les « knooppunt » en Flamand, on va d’un chiffre à l’autre, c’est génial et ça passe par de très beaux endroits. Et on voit que ce sont des cyclistes qui ont balisé, c’est magnifique… Bref !

Dans le cas de la Bourgogne, c’est aussi un truc que j’ai vu sur Internet, sur Facebook. C’est un groupe qui s’appelle « Rando Vélo » qui organise des voyages à vélo. Et ce Roger, il dit « Je pars en Bourgogne de 2 mai au 14 mai », il envoie le roadbook et tout. Alors on s’inscrit, mais il y a des gens de partout qui s’inscrive ! Mais ce sont des petits groupes, je pense qu’ils partent à dix, quelque chose comme ça. Donc je m’étais inscrite à ce truc-là, j’avais téléchargé le roadbook et c’est comme ça que j’avais eu les étapes et l’itinéraire. Et donc les dates n’ont pas convenues, je n’ai pas pu aller avec eux. Donc on a fait notre petit groupe à nous, juste après eux. Donc ça, c’était un cas de figure, l’itinéraire était préétabli.

velos pliants voyage a velo

Au repos, les vélos ! (source : Astrid t’Serstevens)

Dans le cas de l’Eifel, en Allemagne, il y a des cartes ADFC [NDLR : club cycliste général allemand] très interactive où tu peux faire des itinéraires : il y a des boucles, des balises… C’est très bien fait. Et donc là on part comme ça et sait plus ou moins que l’on va faire 180 kilomètres et on suit la balise, on n’a pas vraiment d’itinéraire. On a quand même la carte.

Niveau itinéraire, je pense que c’est très important d’avoir des bonnes cartes. En Belgique, les promenades à la journée que l’on fait, c’est souvent avec les knoopunt, c’est souvent vers la Flandre. Parce qu’il y a un système très intelligent de repérage à chaque croisement par un chiffre, donc tu te mets sur la carte interactive sur Internet, tu fais ton itinéraire de point en point et tu as à côté le kilométrage qui s’affiche tout de suite et tout est clair et net. Et tu as une longue bande de chiffres que tu colles à ton cœur et que tu suis. Et de point en point, c’est comme un jeu de piste comme ça, ton itinéraire est tout à fait chiffré. Pour la journée, c’est fabuleux, parce que c’est amusant de faire son itinéraire comme ça. Et puis, c’est très précis, tu sais à quoi tu t’attends, parce que le kilométrage est très clair.

Et sinon, on n’a pas fait tellement d’itinéraires libres. De temps en temps, on en trouve un. On fait quand même beaucoup de petites promenades plus brèves, comme Bruxelles – Louvain par les petits ruisseaux. Des trucs plus locaux.

Tu connais cet Anglais qui a fait l’EuroVelo 3 l’année passée ? Andrew Sykes, ça a l’air d’être un prof et je le suivais beaucoup sur Twitter, parce que tous les jours il envoyait son étape. Il est parti de Gibraltar, vraiment très très bas. Il a fait toute l’Espagne, la France, la Belgique, puis l’Allemagne et il est arrivé en Norvège, jusqu’au Cap Nord. C’était assez fabuleux à suivre, ça. Ça a l’air d’être assez génial comme voyage.

Est-ce que vous avez déjà essayé Warm Showers ?

M : Oui, on fait ça régulièrement, c’est vraiment super. On fait ça quand on voyage et même quand on ne voyage pas, pour héberger des gens. C’est fantastique de pouvoir être hébergé comme ça, dans son pays ou à l’étranger, de rencontrer des gens qui nous ouvrent leur porte, ça fait vraiment un échange super.

A : Oui, c’est assez génial les possibilités qu’on a maintenant d’échanger des informations. Tu es sur une plateforme et tu proposes ta douche et tu peux en chercher sur ton itinéraire.

Les hébergements

M : Oui, c’est ça. Et ton itinéraire justement, est-ce que tu sais à l’avance où tu vas dormir ?

A : Non. La Bourgogne, c’était différent, pour la première fois, on savait où on allait dormir parce qu’on avait réservés. On était quatre donc on était un peu forcés… Je ne sais pas pourquoi on s’est forcés… On s’était dit « On va partir comme ça », puis on a commencé à téléphoner à l’un, puis on s’est dit qu’on allait téléphone aux autres. Mais généralement, on ne réserve jamais. C’est un principe qu’on a, parce que tout ce qui est réservation, timing, c’est contraignant, ça stresse, c’est pénible et ce n’est pas ça du tout le but du jeu. Quand on est partis à Francfort, on voit bien vers trois/quatre/cinq heures, on vise la ville où on veut faire étape et on trouve [un hébergement] là. Même si c’est un peu dur, si on met une heure à trouver, on finit par trouver quelque chose. Donc c’est vraiment un principe. Et peut-être que dans la Forêt Noire, on avait aussi réservé. On était cinq, donc on avait réservé. Parce quand on voyage avec certains, ils aiment bien avoir ce genre de sécurité. Mais moi, je ne suis pas pour.

pause repas voyage velo

Un repos bien mérité (source : Astrid t’Serstevens)

M : Oui, notre premier voyage, c’est pareil, on avait réservé tous les campings – on faisait du camping une soirée sur trois et le reste en camping sauvage – et c’était super contraignant parce qu’on se disait « Il faut absolument que l’on soit là, à telle heure. »

A : C’est assommant !

M : Oui, c’est un peu assommant.

M : En tout cas merci beaucoup pour l’interview !

A : On est tellement content de parler de ce que l’on aime vraiment ! Ça fait un peu rêver d’en parler.

M : Oui, ça nous fait plaisir aussi de rencontrer d’autres passionnés de voyages à vélo !

A : Et tu rencontres des expériences très différentes ?

M : Oui, c’est super varié, il y a des gens qui font du voyage à vélo depuis des années et dont on a l’impression qu’ils ont tout vu, d’autres qui débutent et qui ont fait des voyages un peu plus locaux. On a une amie qui est Suédoise et qui est allé en Chine récemment, ça c’est énorme ! Et toute seule, à vingt ans. Des gens qui font des petits ou des grands voyages, en autonomie ou non, qui préfèrent le camping, ou les gites, ou l’hébergement chez les gens, ou le bivouac. Les expériences sont tellement variées. Et je pense que l’important, ce n’est pas de se conformer à un idéal que l’on imagine en voyant les autres, c’est vraiment de faire ce qui nous fait plaisir, de voyager de la manière dont on a envie et qui nous fait le plus vibrer.

A : Ah ben oui, c’est sûr ! Et puis de ce que l’on est capable de faire, tout le monde n’est pas capable d’aller jusqu’en Chine. Tout ça est très personnel. Et bien Maxime, je suis très contente de t’avoir connu ! Je vais regarder En Echappée ! Ici il peut, il pleut, il pleut, c’est une horreur.

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Il n’y a pas de mauvais temps, que des mauvais vêtements ! (source : Astrid t’Serstevens)

M : Ah oui, ici aussi.

A : À Nantes aussi ? Les fermiers seront contents… les cyclistes un peu moins. [rires] C’est un peu plus dur.

M : Merci beaucoup Astrid !

A : Au plaisir de lire tes aventures !

 

Recherches utilisées pour trouver cet article : pedale automatique randonnée


Maxime et Lucie En Echappée
On est tous les deux des passionnés de voyage, débutants dans le voyage à vélo et très curieux à ce sujet. Suivez sur ce blog nos voyages à vélo, et découvrez nos rencontres, inspirations et conseils pour préparer les vôtres ! Le blog évoluera au fil de nos découvertes cyclistes et de nos rencontres. Notre projet est de vous livrer nos expériences, mais aussi de donner de la voix aux autres voyageurs pour compléter nos avis. Alors, débutants ou confirmés, suivez-nous et partez avec nous en échappée !

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