Bilan du voyage « Objectif Russie » : pédaler 100 kilomètres par jour

2000 km de vélo

Le 2000ème kilomètre ! (source : En Echappée)

Maxime et Alexandre reviennent de leur voyage « Objectif Russie », où ils ont ralliés Berlin à Saint-Pétersbourg en un mois. Leur distance quotidienne était élevée : plus de 100 kilomètres par jour !Cela fait une différence de taille par rapport à nos habitudes de voyage, qui sont plutôt de 50/60 kilomètres par jour de moyenne. Sans plus attendre, voici le retour d’expérience de Maxime sur le sujet !

Parcourir de nombreuses régions en un temps limité

Pour ce voyage, nous souhaitions voir de nombreux pays, sentir de nombreuses ambiances, parler les rudiments de nombreuses langues, et visiter de nombreuses capitales. Ainsi, en pédalant une centaine de kilomètres par jour, nous sommes passés dans six pays et nous avons pu parcourir 2300 kilomètres en un mois, en s’arrêtant dans chaque grande ville. Le voyage a été intense !

Un défi sportif

En découvrant le monde du voyage à vélo, nous avions avec Lucie opté pour une moyenne de 50 kilomètres par jour. En rencontrant Bregt ou Elvira, nous nous sommes rendu compte que certains faisaient beaucoup plus ! Ce mythe du « 100 kilomètres par jour » m’est resté en tête, et j’ai senti que pour réellement m’accomplir, j’avais besoin de faire un voyage à ce rythme, au moins une fois.

Lorsque j’ai proposé à Alexandre de voyager à vélo, il a immédiatement été conquis par l’idée de rouler une centaine de kilomètres par jour. Nous souhaitions tous les deux une dimension de défi sportif pour ce voyage. Nous avions donc prévu environ 2000 kilomètres sur Google Maps en une vingtaine de jours roulés sur le mois.

Voyage et sport

Un voyage et un challenge ! (source : Pixabay)

Lorsque je présentais le projet à ma famille, à des amis ou à des collègues, ils ont tous trouvés que le challenge était de taille et certains ont émis des doutes quant à la faisabilité de celui-ci. Pour ma part, j’étais sûr que nous allions réussir ! Après tout, il « suffit » de pédaler.

Nous n’avons pas suivi d’entraînement particulier avant le départ.

Nous avons finalement fait 2300 kilomètres sur le terrain en 21 jours de route, soit une moyenne de 110 kilomètres par jour. Objectif atteint !

Une moyenne de 20 kilomètres/heure

Notre moyenne de pédalage était d’environ 20 kilomètres/heure, un peu plus que ce que nous visions au début. Nos vélos étaient certes bas de gamme, mais les conditions étaient plus qu’idéales pour rouler à bon train : le relief était très plat, il y avait peu de vent, et nous effectuions généralement des relais pour que celui qui suive se repose.

De plus, nous étions tous les deux en bonne condition physique avant de débuter et possédions des pédales automatiques qui nous ont aidées à tenir ce rythme assez prenant sur la durée.

Plus fatiguant

Tenir ce rythme de 20 kilomètres/heure est cependant fatiguant. Pour réussir, il faut gérer la fatigue en faisant des pauses quand on sent que l’on en a besoin. Nous faisions ainsi parfois des pauses uniquement pour nous reposer et souffler un peu. Lors de mes autres voyages, je n’avais jamais eu besoin de ce genre de pause car le rythme était moins fatigant.

la-fatigue

Besoin de pauses (source : JérémY)

Ce genre de défi sportif est plus exigeant physiquement qu’un voyage avec de plus petites étapes, mais je pense qu’il est tenable sur la durée avec une condition physique correcte et des journées de pause régulières. Je conseille de faire une journée de pause par semaine minimum. Ainsi, en 29 jours de voyage après Berlin, nous avons pédalé 21 jours.

Le rythme de nos journées

Comme nous le disions dans notre article sur le rythme idéal en voyage à vélo, c’est finalement surtout le nombre d’heures pédalées par jour qui dessinera ce à quoi ressembleront vos journées de voyage.

Notre moyenne approchant des 20 kilomètres/heure, nous pédalions les 110 kilomètres quotidiens en un peu moins de six heures. Nous faisions cependant des pauses dans la journée : 1H/1H30 de pause déjeuner, 30/45 minutes de pause café le matin et l’après-midi, et de nombreuses pauses pour prendre des photos, filmer, se restaurer, discuter avec les gens, etc. Parfois, nous prenions aussi des pauses repos de dix minutes, plutôt en fin d’après-midi quand nous fatiguions. Ainsi en moyenne, nous prenions la route vers 9 heures et nous arrêtions vers 18/19 heures.

Tout cela nous laissait peu de répit pendant l’étape, et peu de temps libre après celle-ci.

Peu de temps libre après l’étape

Comme je le disais dans le paragraphe précédent, il nous arrivait régulièrement de monter le campement à 19 heures. Ainsi, même si le cadre du bivouac était sympathique, nous ne pouvions pas vraiment en profiter car une fois la tente montée avec les affaires à l’intérieur, la nuit tombait.

Nous finissions ensuite parfois de manger vers 21 heures, ce qui était plus ou moins l’heure à laquelle nous nous couchions pour être en forme au lever à 7 heures. Nous avions ainsi peu de temps libre pendant la soirée. Pour écrire les carnets de route sur le blog et pour lire mon roman, je me couchais donc en général plus tard que raisonnable.

Peu de répit lors de l’étape

C’est le point qui m’a déplu lors de ce voyage. Afin de tenir notre objectif ambitieux de kilomètres quotidien, nous ne pouvions pas vraiment nous permettre plus de pauses que nécessaire, et la plupart de nos pauses étaient minutées. Nous étions flexibles avec nous-mêmes, mais en général nous ne nous pouvions pas nous autoriser à profiter longtemps des endroits agréables que nous trouvions.

defi-sportif

Un défi sportif (source : Pixabay)

Ainsi, si nous trouvions sur le chemin un emplacement idéal pour bivouaquer à 50 kilomètres de notre objectif du jour, nous ne nous y posions pas. De même, nous avons traversés quelques villes et villages sans les visiter car nous n’en avions pas le temps.

100 km/jour : peut-on encore saisir les opportunités qui s’offrent à nous ?

Ayant peu de répit, nous ne pouvions ainsi pas saisir toutes les opportunités qui s’offraient à nous sur le trajet. Cependant, comme nous avions de la marge, c’est-à-dire que nous avions la capacité de faire plus que 100 kilomètres par jour, nous pouvions être un peu flexibles. À Juškonys par exemple, nous nous sommes arrêtés une vingtaine de kilomètres avant notre objectif, car nous avions trouvé un emplacement sympathique pour bivouaquer. Le lendemain, nous avons donc parcouru 137 kilomètres pour rattraper.

Ou encore, lorsque Florian d’Un Flotus à Vélo nous a contactés via notre page Facebook, nous avons organisé un rendez-vous à midi peu après la frontière polono-lituanienne au bord d’un lac qu’ils avaient repéré en vue satellite sur l’application Maps.ME. Cette plage se situait à peu près à mi-parcours entre nos deux groupes, mais ne nous faisait parcourir que 55 kilomètres ce jour-là.

le bivouac collectif

Bivouac collectif ! (source : En Echappée)

Résultat : le meilleur bivouac du voyage ! La plage était parfaite pour se baigner et faire une lessive, nous avions tout l’après-midi devant nous pour profiter de l’endroit et pour faire connaissance avec Meli, Florian et Guillaume, et nous avons posé nos tentes dans une clairière aménagée avec une vue imprenable sur le coucher de soleil sur la plage.

Il y avait cependant un contrecoup à ça : une étape de 142 kilomètres nous attendait le lendemain pour atteindre, fatigués, Vilnius à 19 heures.

Bilan : pédaler 100 kilomètres par jour

Pédaler une centaine de kilomètres par jour était pour nous un défi sportif et nous a permis de parcourir, au rythme du voyageur à vélo, de nombreuses régions et pays en un temps limité. Nous avons vu et vécu tant de choses en un mois !

Le côté négatif ? Des pauses limitées, car on est toujours assez pressés par le temps, et peu de temps libre pour les soirées.

Avantages

Beaucoup de régions parcourues

Un beau défi

Inconvénients

Pressés par le temps 

Moins de flexibilité

C’était une aventure humaine et sportive extraordinaire, mais je ne souhaite pas reproduire ce rythme pour les prochains voyages. Pour la prochaine fois, j’aimerais reprendre un rythme plus lent, même si cela veut dire voir moins d’endroits et devoir gérer ma frustration de parcourir “si peu”.

N’oublions pas que voir moins veut aussi dire voir plus ! Voir moins de kilomètres permet de prendre plus le temps de voir les détails des villages que l’on traverse, des emplacements de bivouac sur lesquels on s’arrête, des parcs où l’on se repose…

Je conclurais donc en disant que pour profiter d’un voyage, il faut trouver l’équilibre entre l’ambition de l’itinéraire et la lenteur qui permet de profiter des petites choses de la vie et de décrocher du rythme stressant de la vie moderne.


Merci d’avoir lu cet article ! Et vous quel est votre rythme de voyage ? Plutôt 30, 50, 70, 100, 200 kilomètres par jour ? Partagez-le avec les autres lecteurs et avec nous dans les commentaires !

Recherches utilisées pour trouver cet article : 100 kms de vélo par jour, 100 km en velo temps, combien dheure de vélo par jour en voyage, pedaler a 25 de moyenne, voyage à velo kilometrage quotidin


Maxime et Lucie En Echappée
On est tous les deux des passionnés de voyage, débutants dans le voyage à vélo et très curieux à ce sujet. Suivez sur ce blog nos voyages à vélo, et découvrez nos rencontres, inspirations et conseils pour préparer les vôtres ! Le blog évoluera au fil de nos découvertes cyclistes et de nos rencontres. Notre projet est de vous livrer nos expériences, mais aussi de donner de la voix aux autres voyageurs pour compléter nos avis. Alors, débutants ou confirmés, suivez-nous et partez avec nous en échappée !

8 reflexions sur “Bilan du voyage « Objectif Russie » : pédaler 100 kilomètres par jour

  1. claudieo

    bravo
    100 km par jour ca fait bien 6 h de pédalage, ca se fait bien, tout dépend de votre forme bien sur mais de vos envies
    claudio boucle environ 120 km / j a 62 ans, ca commence a faire épais , beaucoup de temps sur la route

    ca laisse assez peu de temps pour visiter rencontrer ..
    tout dépend de vos objectifs
    partez sans vous donner trop de contraintes, vous verrez bien ..
    bonne route
    claudio de la faverges

    1. Maxime et Lucie En Echappée Auteur de l'article

      Merci Claudio !

      Oui, ça se fait bien, mais comme vous dites, ça laisse peu de temps pour faire le reste. Nos objectifs pour cette fois était de découvrir cette partie de l’Europe tout en accomplissant un défi sportif 🙂

      À bientôt !

  2. david

    Plus facile à tenir lorsque les journées sont longues, en été par exemple. Beaucoup plus difficiles en hiver quand le soleil se couche à 17h.
    100km/jour et après ? Où sont les rencontres avec les locaux. Dommage de ne voir défiler que les paysages, mais ce n’est que mon avis.

    1. Maxime et Lucie En Echappée Auteur de l'article

      Bonjour David ! En effet, c’est beaucoup plus facile à tenir sur la période estivale. Et même sur ce début d’automne, c’était tenable 🙂 Lorsque nous avions voyagé fin décembre en Bretagne, les journées étaient très courtes et nous avions fini plusieurs fois de nuit !

      Malgré les 100 kilomètres par jour, nous avons eu la chance de rencontrer des locaux à plusieurs reprises et nous avons été heureux de pouvoir nous servir des bribes de langage que nous apprenions en Polonais, Lituanien, Letton, Estonien et Russe pour lancer un premier contact avec des villageois 🙂 Mais les rencontres ont surtout été fortes lors des hébergements Warm Showers, dont nous gardons des souvenirs très forts, notamment cette soirée mémorable avec Thomasz à Poznań et la journée qui en a suivi ! 😀

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 

 

 

 

 

Rejoignez-nous sur Facebook ! :-)