[Podcast] Didier sur les routes de France : des rencontres et des montagnes

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Sur les routes de France ! (source : Didier Falleur)

Nous vous proposons aujourd’hui la troisième interview de voyageurs à vélo de la série, après les témoignages de Yoann, débutant sur la Vélodyssée, et d’Amandine, de retour de plus d’un an de vadrouille en Europe avec son chien Jah-li !

Nous avons cette fois eu la chance de rencontrer Didier, jeune retraité qui s’est découvert une passion pour le voyage à vélo l’an dernier, après 20 ans de vélotaf ! Il nous raconte ses premières expériences de voyage à vélo, notamment dans le Jura, et nous partage certaines de ses plus belles rencontres !

L’article et le podcast sont longs, n’hésitez pas si besoin à utiliser le sommaire ci-dessous pour aller directement à ce qui vous intéresse !

Ce dont on parle dans cette interview :

Présentation de Didier

Lucie : Bonsoir et bienvenue sur En Echappée pour une interview de cyclo-voyageur. Aujourd’hui je suis avec Didier. Didier, pourrais-tu te présenter ?

Didier : Bien sûr ! Je m’appelle Didier, j’ai 63 ans et je pratique le vélo depuis une vingtaine d’années en déplacements quotidiens : les courses, le boulot. Mais depuis que je suis à la retraite, je me suis dit « Pourquoi ne pas changer de braquet et faire des voyages ? ». J’ai commencé l’année dernière et ça m’a complètement emballé, donc tous les ans je fais au moins un voyage à vélo.

L : Et as-tu eu l’idée en étant inspiré par d’autres ou ça t’es venu comme ça, naturellement ?

D : Je suis engagé dans pas mal de clubs vélos, comme AF3V sur le Gard et ConviBicy sur Arles. Et puis j’ai commencé doucement bien sûr, je n’ai pas fait tout de suite un voyage, j’ai fait des journées à vélo, puis après des week-ends. Puis je me suis dit que j’allais passer à la vitesse supérieure et je suis parti la dernière fois trois semaines et cette fois-ci un mois.

L : D’accord ! Et tu voyages généralement seul ou en groupe ?

D : Oui, je voyage seul. Enfin ça dépend, pour une journée ou un week-end, je voyage parfois avec des amis, mais sur les longues distances, je préfère être seul.

L’hébergement chez l’habitant pour faire de belles rencontres

L : D’accord. Donc ton premier voyage était entre chez toi [dans le Gard] et La Rochelle, peux-tu nous raconter comment tu l’as vécu, ce que tu as vu, si tu as fait des rencontres ?

D : Justement, je suis dans l’esprit de rencontrer des gens, donc j’étais sur Couch Surfing [ndlr : une plateforme en ligne permettant de trouver des hôtes pour nous héberger gratuitement, et de proposer un hébergement chez soi] la première fois, donc j’ai fait des étapes chez des gens qui m’ont hébergé, ou des amis sur le chemin. Car ce premier voyage entre ici et La Rochelle, je l’ai aussi fait parce que j’avais des amis un peu partout sur le parcours. Mais lorsque je n’avais pas d’ami, j’ai fait des demandes de couch surfing et j’ai été reçu tout le temps d’une façon absolument magnifique, avec des gens extras – pas forcément branchés vélo – mais ouverts, des gens qui ont voyagé, qui sont curieux et qui reçoivent des gens. J’ai fait vraiment un très beau voyage et je me suis dit « Pourquoi s’arrêter là ? ».

Donc j’ai recommencé cette année ! Dans le voyage de l’année dernière, j’avais rencontré des cyclistes qui m’avaient parlé de Warm Shower [plateforme de couch surfing mais entre cyclistes], donc bien sûr dès que je suis rentré, je me suis inscrit sur Warm Shower et visiblement j’étais dans un endroit stratégique car il y a plus de trente personnes qui sont venus chez moi ! Je suis situé dans un carrefour, au sud de la Via Rhôna et je suis aussi sur le parcours qui fait Espagne-Italie, puis après le reste du monde car j’ai reçu pas mal de gens qui faisaient la route de la soie et il y en a pas mal qui sont partis sur la Chine. Donc visiblement, il y avait un manque parce que depuis que je me suis inscrit, il y a plein de gens qui me demandent.

L : Super ! Ça permet de voyager même quand tu es sédentaire.

D : Voilà, chez moi je voyage avec les gens que j’héberge et quand je ferme mon profil, c’est moi qui voyage et les gens qui me reçoivent. Cette année, j’ai fait beaucoup plus de Warm Shower et des gens, mais alors… à côté comme on dit je suis un minable, parce que vu les voyages que les gens qui m’ont reçu ont fait… Je suis toujours épaté par des très très grands voyages : un couple qui a fait 4000 kilomètres en Chine, un autre couple qui a fait tout le Tibet, l’autre qui a fait Fairbanks, donc Alaska-Mexico – et encore ils se sont arrêtés parce qu’ils ont eu un accident à Mexico, une maladie donc ils ont dû rentrer, mais ils étaient partis pour aller jusqu’en Patagonie – donc là sur le site Warm Shower, on rencontre vraiment des passionnés de vélo qui font des voyages absolument incroyables.

Rythme de croisière et itinéraires

L : Super ! Et ce premier voyage que tu as fait, peux-tu nous rappeler le temps que ça a pris ?

D : J’ai fait 1000 kilomètres en quinze jours. Donc petit début, comme je ne connaissais pas, je ne savais pas ce que j’allais rencontrer comme difficulté. Donc au début, des petites étapes et puis je me suis vite rendu compte que ça allait bien et que je faisais 100 kilomètres par jour. Bon c’est vrai que je n’ai fait que du plat la première année, j’ai longé le canal du midi puis la côte Atlantique, donc ce n’est pas dur, il n’y a pas de dénivelé. Donc si on n’a pas le vent dans le nez, on roule, on fait plus de kilomètres que ce qui était prévu au départ.

L : C’est bien pour débuter.

D : C’est bien pour débuter oui, j’avais aussi un peu regardé les sites qui disaient « Commencez doucement », « N’exagérez pas », donc au début j’ai commencé par 50 kilomètres. Puis à un moment, je me suis rendu compte que les 50 kilomètres, je les faisais en trois heures, donc je me suis dit que j’allais augmenter la distance. 80-100, c’est la moyenne que je fais et je trouve que c’est parfait, ça permet de s’arrêter. Je flâne beaucoup, je ne fais pas beaucoup de pistes cyclables, je ne suis pas fan des voies vertes, je préfère les petites routes qui m’éloignent, des parcours qui me font visiter les villages. J’aime bien le patrimoine, donc je vais voir les églises, les abbayes, les monuments, les bâtiments… À chaque fois qu’il y a quelque chose à voir, je n’hésite pas à faire le détour.

L : Est-ce que tu te diriges avec des cartes ?

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Guidé par les cartes routières (dans la sacoche de guidon) ! (source : En Echappée)

D : Je n’ai que des vieilles cartes Michelin que j’ai avec moi depuis trente ans. Elles ne sont pas du tout obsolètes au niveau des routes. Elles sont certainement nulles au niveau des autoroutes, mais je m’en fiche, je ne les prends pas, donc ça ne me dérange pas. Donc tout ce qui est petites routes, à part les numéros qui ont changé, elles sont toujours là et elles permettent de vraiment s’échapper de la circulation et des quatre-voies, du trafic, des camions, des voitures, et c’est là où l’on fait les rencontres les plus sympathiques en général. Je n’ai pas de GPS, pas de portable, pas de smartphone, je voyage à l’ancienne, sans électricité, ni avec mon matériel… ni avec le vélo. [rires]

Le vélo comme vecteur de rencontre

L : J’imagine que dans ces petits villages, tu rencontres aussi des personnes qui sont curieuses de ce que tu fais ?

D : Oui, ça arrive souvent que des gens viennent vous voir, vous demande « Qu’est-ce que vous faites ? », ils m’invitent chez eux pour boire un café, qui me donnent quatre paquets de biscuits parce qu’ « Il faut que tu manges, tu vas avoir faim ». Et puis les vieux qui discutent et qui vous disent « De mon temps, j’ai fait du vélo » et qui vous raconte leur vie… C’est vraiment super. Comme la dernière fois, j’ai traversé un village et il y avait deux gars assis sur un banc, alors je les regarde et ils me disent « Tu viens nous aider ? », alors je leur dis « À quoi ? » et ils me répondent « Ben à tenir le banc ! », donc je leur dis « Ben oui si vous voulez, je peux tenir le banc avec vous ! ». [rires] Du coup on a discuté et puis c’était des passionnés de vieilles voitures, donc ils m’ont fait visiter leur garage, il y avait une collection de deux-chevaux incroyable. Des gens supers. Ce genre de chose comme ça dans les petits villages.

L : Sympa, c’est dépaysant.

D : J’ai beaucoup voyagé à l’étranger, j’ai fait beaucoup de trek et je suis allé très loin. Mais là j’ai découvert qu’il n’y avait pas besoin d’aller très loin pour être très loin de tout. J’ai fait le Jura, les Vosges, la Haute-Marne, des endroits improbables, je ne savais même pas que ça existait… La Saône, la Meuse, la Moselle… Je suis vraiment allé dans le cœur de la France et c’était vraiment passionnant.

L : Oui, rien que quand tu nous racontes ce tableau avec les petits papys sur leurs bancs, on a l’impression de voyager, d’être dans un autre monde !

D : Et oui, tout à fait ! Un monde très très calme, très reposé, très détendu et très convivial, c’est vrai.

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À la rencontre des habitants (source : Didier Falleur)

Et avec le vélo, ce n’est pas comme quand tu marches. J’ai bien vu la différence entre le marcheur, le gars qui a un sac à dos qui peut être considéré un peu comme un SDF presque. Alors que dès que tu as un vélo, tu n’es plus un SDF. C’est étonnant, mais les gens n’ont pas le même regard sur toi. Tu as un vélo, tu as des sacoches, tu te promènes, ce n’est pas pareil. Le marcheur tout seul qui se promène, je pense qu’il y a parfois une connotation – alors qu’elle soit juste ou pas de la part des gens, je ne sais pas, puisque ce n’est pas mon cas – mais tu n’es plus dans la même relation. J’ai remarqué ça. Tu es plus solitaire quand tu marches, c’est plus compliqué de rencontrer des gens. Alors qu’avec le vélo, tout de suite, les gens discutent, c’est vraiment étonnant. Ça leur rappelle beaucoup de choses. Alors que le marcheur, c’est plus difficile, c’est plus délicat… Alors que le vélo, tout le monde en a fait, tout le monde sait ce que c’est que le vélo – pas forcément le voyage – mais ça a une histoire pour les gens.

L : Donc c’est un vecteur de rencontre parce que c’est familier.

D : Oui, tout à fait. J’ai reçu par exemple chez moi des gens qui avaient fait avec des enfants le parcours entre Pékin et la France par la Russie et ils m’ont dit : « On ne peut pas te raconter une seule mauvaise histoire, on n’a eu que des bonnes histoires. » Forcément avec des enfants, dans les villages, les gens sont hyper accueillants, ils viennent vous voir… Ils ne m’ont raconté que des belles histoires, pas une embrouille, pas un problème, en quinze mois de vélo.

Voilà, je commence à devenir un peu drogué…

L : Ah oui, tu es contaminé aussi !

Voyager à vélo est à la portée de tous

D : Ah oui, c’est génial. Les débuts sont toujours un peu durs parce qu’il faut reprendre le rythme, le souffle. Mais après, on fait du vélo et c’est que du plaisir, il n’y a pas de souffrance. Et j’ai rencontré des gens qui m’ont accueilli, un couple, lui en vélo couché et elle a un truc… un vélo pourri quoi, un vieux machin… Ils font des cols tous les étés, elle fait 1m50, elle a 65 ans, elle fait ces cols. Ils disent : « On prend le temps, on sait que vingt kilomètres, c’est quatre heures, on fait cinq de moyenne mais on fait comme les autres. Et puis l’avantage, c’est qu’après, il y a la descente. Et là, on s’amuse. » Il faut juste prendre son temps.

Dans le vélo, il ne faut pas voir juste le côté sportif et exceptionnel. Non, c’est vraiment un moyen de voyage, un transport extraordinaire, qui ne coûte pas cher. Mon vélo, je l’ai acheté d’occasion sur Le Bon Coin à 200 € et c’est la même chose que ceux qui ont des vélos à 4000 €. C’est la même chose, il faut pédaler, c’est tout.

L : On est comme toi, des vélos, des bons freins et des pneus !

Parlons matériel…

D : Voilà, des bons Schwalbe, des bons freins, une bonne selle et c’est bon ! [rires] Et tu n’as plus qu’à pédaler. C’est super.

L : Et tu es plutôt sacoches, remorque ?

D : Non, je ne suis rien du tout, parce que comme je te dis, je ne fais que de l’hébergement presque. Je ne suis pas encore passé au mode autonome 100% avec la tente et le matériel de camping. Donc j’ai deux sacoches à l’arrière, plus un sac, et une petite sacoche sur le guidon et puis c’est tout. Je suis minimaliste un peu.

L : D’accord, voyage léger.

D : C’est ça, voyage léger.

L : Je reviens rapidement sur ton vélo d’occasion, c’est plutôt un VTT, un VTC ?

D : Un VTC que j’ai aménagé, j’ai mis des pneus, des garde-boues, mais c’est un VTC au départ.

L : D’accord, et il fait bien l’affaire alors.

D : Magnifique. Il est vraiment magnifique, il fait tout ce que je lui demande, il va où je veux, il me permet de faire un peu de chemin. C’est super. J’ai eu de la chance, c’est une super occasion, c’était un monsieur âgé qui avait ça et qui voulait passer au vélo électrique, donc le vélo était neuf, il ne l’avait jamais utilisé. Donc il m’a demandé « 200 €, ça va ? », je lui ai dit « Pas de problème, je prends tout de suite. » Il m’allait parfaitement. J’ai eu de la chance parce qu’on venait de me voler mon vélo, donc j’avais les grosses boules et j’ai été récompensé. J’ai eu un cadeau, on m’a volé le mien, mais après j’ai eu un vélo qui m’allait parfaitement. C’était un peu le cadeau suite à la peine que l’on m’ait volé mon ancien vélo. Maintenant, on ne me volera plus mes vélos parce que j’ai deux antivols avec moi, dont un antivol de moto qui pèse un âne mort mais qui est incassable. Et il y a quelqu’un que des amis ont reçus, il partait pour faire la route de la soie et à Marseille, il s’est tout fait voler. Le vélo, les sacoches… Si j’ai un conseil à donner aux gens, c’est de ne pas passer par Marseille. Ou alors si on passe avec son vélo, on ne le quitte pas. On reste dessus, mais on ne l’abandonne pas cinq minutes. Cette ville est un désastre pour les vélos. Il y a un trafic et même avec un cadenas, ils s’en fichent, ils ont vraiment tout ce qu’il faut. Donc il faut vraiment du très bon antivol, mais le mieux c’est de passer par Marseille, mais de ne pas trop s’arrêter et de ne pas laisser son vélo sans observation. Beaucoup de gens se sont fait voler leur vélo et c’est dommage.

Le Jura à vélo au printemps

L : C’est bon à savoir. Tu me disais tout à l’heure que tu étais passé un peu à la montagne, que tu étais allé dans le Jura. Est-ce que là aussi tu fais cent kilomètres par jour ?

D : J’ai fait cent une fois, avec 1200 mètres de dénivelé positif, mais je ne m’en suis pas rendu compte. Je m’en suis rendu compte quand je suis arrivé et que j’avais vraiment mal aux fesses. Et quand j’ai regardé la carte, je me suis dit « Non, j’ai fait cent bornes et mille deux-cent mètres ». J’étais sur ma lancée… Après, j’ai une carte Michelin qui n’est pas forcément très détaillée et il y avait une ou deux bosses que je n’avais pas vu. Je pensais que c’était plat parce qu’à un moment j’avais vu 1035 mètres et au bout de la route 1055 mètres, donc je me suis dit « Super », sauf qu’entre les deux, il y avait un trou de 400 mètres. Je ne l’avais pas vu sur la carte ! [rires] Franchement, après dix-quinze jours d’entraînement, ce n’est plus un problème. À part la fatigue un peu, mais c’est normal, le soir tu es un peu fatigué, tu t’endors tôt, tu dors bien, mais ce n’est pas impossible du tout à faire, ce n’est pas dur. Avec de l’entraînement, ça se fait bien. Et c’est vrai que le Jura, c’est magnifique. C’est beau, c’est grandiose, c’est une découverte fantastique. Le Haut Jura, la peine vaut le coup car les paysages sont vraiment magnifiques. En plus, j’y étais fin mai – début juin, donc c’était le printemps, tout était en fleur, c’était magnifique. Les forêts du Jura, c’est impressionnant, avec des sapins de 45 mètres de haut, on est dans des murs de vert et il y a personne à part les animaux et les oiseaux, donc c’est très bien.

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C’est le printemps ! (source : Didier Falleur)

L : Est-ce qu’il y a des cols que tu as retenus et qui t’ont particulièrement plu ?

D : Pas forcément, non. Il y a le Col du Paradis, mais il faisait 300 mètres donc c’était très bien ! [rires] Il y en a plein, ce n’est pas vraiment des cols, c’est des bosses. Les cols ne sont pas forcément importants. C’est surtout quand tu arrives car le Jura, c’est un système de plateau. Tu pars de la plaine, tu fais cinq-cents mètres et tu arrives sur un plateau, tu y restes, tu refais cinq-cents mètres et tu arrives sur un autre plateau. Donc tu es à 800-1000 mètres. Et après, tu es sur le dernier plateau où tu es à 1200-1300 mètres. Ce ne sont pas des bosses, ce sont des plateaux. Et à partir du moment où tu es sur le plateau, tu restes sur des hauteurs. Tu as des bosses, mais ce sont des petites bosses, tu ne redescends pas pour remonter. L’avantage, c’est que quand tu as fait l’effort d’être en haut, tu peux faire des kilomètres en restant en hauteur. C’est vraiment génial pour ça. Ce ne sont pas les Vosges ou l’Alsace où tu passes ton temps à faire des bosses… C’est très beau pour ça, on m’avait dit « Tu verras, premier plateau, deuxième plateau et après ça s’appelle le Haut Jura ». Et les sommets du Haut Jura sont à 1700 mètres au maximum. Et là, c’est grandiose : des petits villages, des petites maisons… Mais on m’a dit « Tu es venu en été, il faut que tu viennes en hiver maintenant. Il faut que tu voies le Jura en hiver, c’est autre chose. » Mais je n’y irais pas à vélo !

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Au cœur des grands arbres (source : Didier Falleur)

Le budget voyage

L : Je me demandais, comme tu fais beaucoup de couchsurfing et de Warm Shower, est-ce que tu as un budget de ce que tu prévoies lorsque tu pars en vacances à vélo ?

D : Je ne sais pas… Du fait d’être hébergé, je viens toujours avec un petit cadeau, des machins, quand je peux. Mais sinon… L’année dernière, je crois que les trois semaines m’ont coûté 400 €. Et cette année, je ne sais pas, j’ai dû dépenser moins de 1000 € sur le mois. Parce que parfois, je n’avais pas d’hébergement donc j’étais à l’hôtel ou dans une auberge. Et puis, il y a des endroits dans cette région, où il n’y a rien. Il faut bien se le dire. Les Vosges, la Haute-Meuse, la Haute-Marne, quand tu vas sur la carte de Warm Shower, il y a très peu de possibilité d’hébergement. Il n’y a personne, c’est vide. Je crois que la Meuse, c’est moins d’habitant que Nancy sur tout le département. Il y en a quelques-uns, mais le souci c’est qu’ils ne sont pas forcément sur ta route et que si tu veux faire un parcours, tu es obligé de faire des détours pas possibles. Donc parfois, tu prends une petite auberge. Et pareil, il n’y a pas d’auberge de jeunesse non plus.

L : Et c’était facile de prendre les choses sur place, ou tu avais tout préparé à l’avance ?

D : J’avais préparé à l’avance parce que parmi les hôtes Warm Shower, il y en a qui s’en fichent, mais il y en a qui ont aussi des programmes, qui font beaucoup de vélo, c’est normal, ce sont des cyclistes, donc ils ne sont pas forcément là. Donc en les prévenant à l’avance, tu sais s’ils seront là ou pas. S’ils sont là, c’est bon, mais s’ils ne sont pas là, ils te disent « Non, désolé, je ne serai pas là ». Donc tu cherches un autre hébergement. Ce qui est bien, c’est que ta route n’est pas fixe. Suivant les hébergements, tu vas aller dans des endroits absolument improbables où tu ne serais jamais allé de ta vie si quelqu’un ne t’avait pas hébergé. Donc tu vas dans des endroits magnifiques, isolés, improbables. Tu n’as aucune raison d’aller là.

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La beauté des coins reculés (source : Didier Falleur)

Et puis les gens qui t’accueillent, ce sont toujours des gens supers, qui sont contents de t’accueillir. Je suis allé voir plusieurs hôtes Warm Shower dans la région, c’est la première fois qu’ils recevaient quelqu’un ! « Cela fait un an ou deux qu’ils sont là, ils me disent, c’est la première fois que quelqu’un vient chez moi. » Ce sont des gens super. Moi j’habite dans le Sud et ce n’est peut-être pas la même mentalité. Et d’ailleurs, je me bats avec mes associations de cyclistes pour leur dire « Soyez un peu cool, inscrivez-vous », mais non, on est chez soi ici, il y a des grands murs, des barrières électriques et on a du mal à ouvrir sa porte. Alors qu’il y a des cyclistes partout ici, rien que dans mon club, j’en connais cinquante et il n’y en a pas un qui est sur Warm Shower.

L : Ah dommage.

D : Ce n’est pas la mentalité. On fait du vélo, on se promène ensemble, on fait des sorties, mais ouvrir la porte à des inconnus… Alors que dans ces régions, dans les régions un peu isolées, c’est super. Alors il y a des endroits où il y a un peu de monde [sur Warm Shower], mais il y a des endroits où c’est moins fréquent.

Ses projets de voyages futurs

L : Pour finir, quels sont les projets pour tes prochains voyages ?

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La Rochelle – Crozon ! (source : Didier Falleur)

D : Là, je repars au mois d’août, je fais La Rochelle – Crozon pour continuer. Et bien sûr, je me suis arrêté à Nancy, donc l’année prochaine je vais repartir de Nancy et aller jusqu’en Belgique faire la côte belge et redescendre en France par la côte, le cap Gris-nez, Blanc-nez, Dunkerque, Le Touquet. Et je veux faire tout le tour de France. Mais je n’ai pas envie de le faire d’un coup parce que je trouve qu’un mois déjà, c’est bien. En plus, je ne fais pas que ça, je fais aussi de la montagne, donc je mélange un peu. J’ai vraiment envie d’aller faire ce tour de France, d’aller visiter la Normandie, le Cotentin. Et puis après, faire tout le Massif Central, puisque je sais que l’on peut faire des cols à vélo sans difficulté. Donc le Massif Central que je ne connais pas du tout. Et puis je voudrais faire l’EuroVelo 6 aussi, tu vois, Mulhouse vers Saint-Nazaire. C’est l’une des voies cyclistes  les plus empruntées de France, elle est faite à 100 %, donc c’est bien, c’est de la voie verte [ndlr : pas partout]. Alors tu peux t’échapper un peu, mais c’est là où j’ai rencontré le plus de cyclistes. Et c’est là où j’ai rencontré le plus de cycliste parce que globalement, je n’ai rencontré personne. Vraiment personne. Par contre, quand j’ai croisé l’EuroVelo 6 vers Belfort, là c’est plein de voyageurs. Plein de gens à vélo. Et comme on sait que l’on peut descendre jusqu’au delta du Danube, il y a plein de gens qui font ça. Et la majorité des gens qui m’ont hébergé, ils ont tous fait ça ou presque. C’est un voyage facile. Il y a la Vélodyssée aussi, où il y a plein de monde. C’est magnifique, au bord de l’Atlantique…

L : Oui, on aime ça nous aussi.

D : Tu es au bord de la plage, tu peux te baigner, tu peux repartir, ce n’est pas dur, c’est tout plat. Bon, elle est un peu en mauvais état, parce que c’est la plus vieille. Elle mériterait un coup de jeune parfois, il y a des trous, des racines qui font des bosses sur le macadam parfois. Ça mériterait une petite remise à niveau. Mais sinon, c’était génial.

L : C’est un super projet de faire le tour de France comme ça ! Il y a tellement de choses à voir, on a de la chance.

D : C’est plein de belles choses à faire. Et j’ai vécu en Belgique, donc quand je vais faire la Belgique, je vais retrouver plein de potes, des cyclistes… Et puis ce n’est pas très grand la Belgique, ça va ! Et niveau vélo, la Belgique, c’est vraiment très bien aussi. Il y a plein de voies vertes. Ils appellent ça des RAVeL : réseau autonome des voies lentes. C’est vraiment bien. Et puis après on verra, j’aimerais bien l’Iran aussi. J’ai des amis qui y sont allés. Les gens que j’ai reçu qui font la route de la Soie, ils sont au Turkménistan ou au Tadjikistan et ils nous donnent un peu des nouvelles de leur voyage sur Facebook. Et l’Iran, ils ont été plus que bien reçus à vélo. Et j’ai des amis qui viennent de le faire en tourisme lambda, des voyageurs, et ils ont trouvé que les gens étaient extra. L’Iran c’est génial.

L : Je te remercie beaucoup de nous avoir raconté tout ça, pour tes conseils, pour nous avoir fait rêver avec les images de la France que l’on ne connaît pas forcément, avec des projets un peu partout, c’était super sympa. Je te remercie beaucoup !

D : Sur notre conversation Facebook, je te mettrais l’adresse de mon blog. Comme ça, si les gens veulent le voir… Il n’y a pas que du vélo. Et puis merci !

ndlr : le blog de Didier !


Maxime et Lucie En Echappée
On est tous les deux des passionnés de voyage, débutants dans le voyage à vélo et très curieux à ce sujet. Suivez sur ce blog nos voyages à vélo, et découvrez nos rencontres, inspirations et conseils pour préparer les vôtres ! Le blog évoluera au fil de nos découvertes cyclistes et de nos rencontres. Notre projet est de vous livrer nos expériences, mais aussi de donner de la voix aux autres voyageurs pour compléter nos avis. Alors, débutants ou confirmés, suivez-nous et partez avec nous en échappée !

2 reflexions sur “[Podcast] Didier sur les routes de France : des rencontres et des montagnes

  1. Reynald

    Super reportage sur Didier sujet intéressant une belle histoire.
    Didier m’a donné l’envie de randonnée dans le jura (malgré les cotes) je lui souhaite plein de belles rencontres
    bravo à vous continuer

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